Nous avons souvent discuté entre nous du racisme, de la discrimination et de la xénophobie dont les immigrés portugais et leurs enfants ont été et sont victimes en France. À mémoire vive/memória viva nous l’avons combattu par notre travail sur la mémoire de l’immigration portugaise, en documentant les conditions d’accueil, de travail et de vie difficile de cette population en France. Alors que ce racisme nous semble perdurer dans la société française, stigmatisant notamment les jeunes d’origines portugaises, parfois installés en France depuis 3 ou 4 générations, il nous a semblé important de faire une collecte de témoignages sur le sujet.

D’abord parce qu’il n’existe pratiquement aucune étude sur le sujet, ni en histoire, ni en sociologie, ni en anthropologie. D’autre part parce que ce sont des expériences traumatisantes vécues par des centaines de milliers d’individus, l’immigration portugaise étant, rappelons-le, une des plus nombreuse en France. Enfin parce que, pour des raisons diverses, il semble que ces expériences soit passées sous silence par la société d’accueil ou même par les propres victimes.

Nous insistons sur le fait que cette démarche s’affranchit de toute volonté communautariste. Nous avons régulièrement, collectivement et/ou individuellement, pris position contre le racisme, la discrimination et la xénophobie qui a frappé et frappe encore les autres immigrations en France, parfois avec encore plus de violence.  Notamment dans cette tribune http://www.memoria-viva.fr/bidonville-de-champigny-nous-nous-opposons-a-linstrumentalisation-de-notre-histoire-et-de-nos-memoires/

L’idée de cette collecte est essentiellement de donner de la matière, de créer un corpus qui permette aux chercheurs de s’en emparer.

Le formulaire que nous mettons à disposition permet de raconter des expériences vécues par vous-même, par un de vos proches ou dont vous avez été témoin. Les textes seront ensuite compilés et, si vous le souhaitez « anonymisés » par nos soins. Pour raconter ce que vous avez vécu, point n’est besoin d’être un littéraire. Ce qui compte, c’est la réalité de l’expérience vécue, qu’elle soit jugée traumatisante, grave, superficielle ou anecdotique. 

Nous vous invitons à faire circuler ce formulaire autour de vous, dans vos familles, dans vos associations, syndicats, laboratoires de recherche et autres collectifs.

Pour accéder au formulaire, cliquez sur ce lien https://forms.gle/Nhie7Lvo7Cffv5Pj9

L’association mémoire vive/memória viva alimentera également cette base de donnée grâce au fonds d’archives consacré spécifiquement à l’immigration portugaise, disponible à la Contemporaine. Ainsi, nous posterons régulièrement sur les réseaux sociaux des documents qui documenteront ce racisme. Le premier d’entre eux est un article de Libération datant 1984. Il évoque un crime raciste contre un jeune portugais dans le Sud-Ouest de la France : António De Jesus.