Pour ne pas oublier la retraite des anciens combattants émigrés Par António Oneto!

Par António Oneto

Le 23 février 2001, la première réunion sur la retraite des portugais émigrés en France s’est tenue dans la salle Jean Vilar. La révolte a éclaté dans la salle lorsque le représentant du Centre National des Retraites du Portugal a déclaré que tous ceux qui n’avaient pas cotisé pour la sécurité sociale portugaise avant le service militaire n’avaient pas cette période validé pour ouverture des droits, ni en France, ni au Portugal.

Cette révolte a été le ciment qui a érigé l’Association des retraités, anciens militaires et anciens combattants portugais de France. Des manifestations à Paris, au Luxembourg et à Lisbonne, des occupations du consulat de Paris, des délégations envoyées au parlement portugais, au gouvernement portugais, à des personnalités politiques européennes mais aussi de la vie civile, des assemblée publiques, des journées d’information de la Caisse d’assurance Vieillesse ont ponctué la lutte infatigable de cette association de 800 adhérents, dont beaucoup d’entre eux ont été très actifs.ean Vilar.

La révolte a éclaté dans la salle lorsque le représentant du Centre National des Retraites du Portugal a déclaré que tous ceux qui n’avaient pas cotisé pour la sécurité sociale portugaise avant le service militaire n’avaient pas cette période validé pour ouverture des droits, ni en France, ni au Portugal.

Je rappelle certains faits historiques : Au Portugal, depuis 1935, il y a eu six lois de régulations militaires qui disent clairement que le temps du service militaire doit être comptabilisé pour les promotions et retraites.

Les ex-militaires qui n’avaient pas encore cotisé pour la sécurité sociale portugaise, c’est à dire la majeure partie des émigrés de cette époque, sont exclus du bénéfice de ces lois à cause de l’article 36º de la loi base du système de sécurité sociale portugaise (Décret-loi 329/93). Ce fait est, d’ailleurs, contraire à la réglementation européenne 1408/71. L’assemblée de la République a voté à l’unanimité le 23 mars 2003 la pétition 14/IX souscrite par 11052 citoyens qui réclamaient la modification de l’article incriminé (le Décret-loi 329/93).

Ce plébiscite, n’ayant pas généré aucune initiative politique qui puisse couper le mal par la racine, a laissé la porte ouverte à la multiplication de textes qui n’ont fait que compliquer la situation. Ceci n’a pas répondu à l’attente de milliers d’anciens combattants émigrés exclus du comptage officiel pour la retraite du temps de service militaire.

En matière de retraite, il n’existe aucun mécanisme de rétroactivité. Ceci a pour résultat que des millions d’euros furent définitivement perdus par les anciens combattants émigrés car ils n’ont pas pu liquider leurs droits à la retraite, parce que la sécurité sociale portugaise n’a pas émis le formulaire E205, essentiel à la taxe de formation de la retraite communautaire.

Cette situation met fin au principe inaliénable de droit à la retraite (c’est à dire au repos) prévu par la constitution portugaise. Mais persévérance est mère de réussite… et notre combat et celui des émigrés du Luxembourg a donné un résultat, qui même ne correspondant pas à notre revendication principale, qui était la modification de l’article 36 de la loi base du système de la sécurité sociale portugaise.

Ainsi, en 2009, 8 ans après le 23 février 2001, une loi a permis aux anciens combattants émigrés de la guerre coloniale de réclamer une prise en compte du temps de service militaire pour la retraite en France. Cette reconnaissance n’implique aucune forme de pension payée par le Portugal, malgré le fait que ces anciens combattants aient servi de chair à canon dans cette guerre criminelle, qui a duré de 1961 à 1975.

En 2009, la plupart des anciens combattants émigrés qui n’étaient pas morts entre temps, étaient à la retraite et ceux qui ne l’étaient pas n’ont souvent pas eu l’information nécessaire à cause du peu d’engagement des services consulaires portugais. Heureusement, notre association eût l’appui de l’association AGORA d’Argenteuil mais également de journalistes de Radio Alfa et du Lusojornal.

Il n’existe aucun rapport ou bilan officielle des bénéficiaires de cette loi sur les 150000 anciens combattants émigrés en France. Les anciens combattants émigrés qui n’ont pas été mobilisés pour cette guerre coloniale continuent exclus de cette loi.

Cette injustice ne saurait pas rester bâillonnée parce que tous les gouvernements furent complices de cette ignominie faite envers les émigrés.

Comme membre fondateur de cette association, je lègue toutes mes archives personnelles à la bibliothèque de Documentation Internationale Contemporaine, à travers l’association “Mémoire Vive/Memória Viva” pour que les enfants et les petits enfants des anciens combattants émigrés trouvent matière pour perpétuer la juste indignation de leurs parents et grands-parents »

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