Appel pour une collecte de témoignages sur le racisme anti-portugais en France

Nous avons souvent discuté entre nous du racisme, de la discrimination et de la xénophobie dont les immigrés portugais et leurs enfants ont été et sont victimes en France. À mémoire vive/memória viva nous l’avons combattu par notre travail sur la mémoire de l’immigration portugaise, en documentant les conditions d’accueil, de travail et de vie …

La question de la participation des étudiants des colonies portugaises au commencement des luttes pour l’indépendance (1961)

A propos de la sortie de l’ouvrage « Opération Angola – Soixante étudiants africains exfiltrés du Portugal de Salazar» – une action secrète de la Cimade en 1961 » *. Par Albano Cordeiro, sociologue économiste et politologue – Fév. 2018 Lorsque, pour la première fois, je prends connaissance de l’édition d’un livre sur la sortie collective clandestine …

SE DEFAIRE DE SES ARCHIVES – REFLEXIONS –

Ceci est la version complète de l’intervention d’Albano Cordeiro à la journée de présentation du fonds d’archive créé par notre association à la BDIC, le 6 juin 2017.   Il se peut que le fait de se défaire de documents divers et variés que l’on a accumulé pendant sa vie active, provienne principalement du sentiment …

Se défaire de ses archives par Albano Cordeiro

Ce texte correspond à la transcription de l’intervention du sociologue Albano Cordeiro lors de la remise de ses archives à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), le 19 juin 2017. Ces archives font désormais du fonds Mémoire Vive/Memória Viva, qui rassemble des documents de nature diverses (archives personnelles, presse immigrée, documentation, archives militantes, entretiens …

Portrait d’un émigré – Miguel PadeiroPortrait d’un émigré – Miguel Padeiro

Tu sais, ses mains sont sales, elles bougent peu mais t’assènent d’elles-mêmes des histoires bruyantes et évasives, trop mais pas assez, toujours trop mais pas assez. Elles l’ont trahi plusieurs fois, m’ont tenu, secoué, caressé, battu aussi. Elles portaient cette valise qui se dérobe soudain au-dessus du rio Tâmega, et désormais restent seules, se réfugient …

Maria Vitorino Pilré, 45 ans en 1970 lorsqu’elle émigra en France – Maria Vitorino PilréMaria Vitorino Pilré, 45 anos em 1970, quando emigrou para França – Maria Vitorino Pilré

[…] Quand je suis arrivée à Paris, je suis allée vivre chez ma nièce Maria Gertrudes. Mais ce n’est qu’un mois plus tard  qu’elle m’a accompagné  pour trouver du travail. Mais dès qu’elle est allée au bureau, on m’a proposé du travail pour le lendemain. J’ai donc commencé à travailler mais  je ne parlais pas …

Je suis concierge, tu es concierge, il est concierge…. – Maria Vitorino Pilré Eu sou porteira, tu és porteira, ele é porteiro… – Maria Vitorino Pilré

J’étais concierge depuis cinq ans quand j’ai rencontré quelqu’un de mon village qui cherchait une place de concierge pour sa femme. J’ai fait ce que j’ai pu pour lui. Je l’ai accompagné partout où il fallait. J’ai fait en sorte qu’il vienne s’installer à Paris car il habitait un petit village où il n’y avait …

Il est assis devant une cabane et me sourit – Maria do Céu CunhaIl est assis devant une cabane et me sourit – Maria do Céu Cunha

J’avais huit ans en 1962 lorsque j’ai vu pour la première fois le pays qui allait devenir le mien : la France m’arriva sous la forme d’une photo couleur, c’était la première en vérité. La couleur transfigurait la misère, jusqu’à l’effacer. Cette photo ne pouvait se comparer avec celles de Monsieur Martins, le photographe du village qui ajoutait du …

Dès mon arrivée à l’usine – Manuel MadeiraDès mon arrivée à l’usine – Manuel Madeira

Dès mon arrivée à l’usine, j’ai sombré dans un naufrage collectif. Je me suis noyé dans l’alcool ! Cette drogue douce est une arme redoutable pour anéantir à petit feu la sève de la vie qui à l’intérieur de chacun de nous alimente la fleur fragile de notre personnalité.   Mais par ailleurs, le vin …

Le bruit intense des machines – Manuel MadeiraLe bruit intense des machines – Manuel Madeira

Le bruit intense des machines rendait difficile notre communication orale et il était devenu naturel que dans l’usine les gestes remplacent la parole. Parfois j’avais la vive impression d’être tombé dans un univers de sourds­-muets.   Marcel, avait aussi compris que j’étais étranger et que je ne parlais pas sa langue. Pourtant il mani­festait une …