{"id":1542,"date":"2015-11-02T13:54:49","date_gmt":"2015-11-02T12:54:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.memoria-viva.fr\/?p=1542"},"modified":"2015-11-02T14:23:01","modified_gmt":"2015-11-02T13:23:01","slug":"exils-temoignages-dexiles-et-deserteurs-portugais-en-europe-1961-1974-par-rui-bebiano","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/?p=1542","title":{"rendered":"EXILS &#8211; T\u00e9moignages d\u2019exil\u00e9s et d\u00e9serteurs portugais en Europe (1961-1974) par Rui Bebiano"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\" align=\"CENTER\"><strong>Ce texte est le pr\u00e9face du Livre d&rsquo;exils, en phase d&rsquo;\u00e9dition, qui sera publi\u00e9 par l&rsquo;<a href=\"http:\/\/aep61-74.org\/\" target=\"_blank\">AEP61\/74<\/a>. Il est sign\u00e9 par Rui Bebiano, historien, professeur d&rsquo;Histoire contemporaine \u00e0 L&rsquo;Universit\u00e9 de Coimbra et chercheur au Centre d&rsquo;\u00e9tudes sociales (CES). Depuis juin 2011, il est directeur du <a href=\"http:\/\/www.cd25a.uc.pt\/\" target=\"_blank\">Centre de Documentation 25 avril<\/a>, de l&rsquo;Universit\u00e9 de Coimbra.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"CENTER\">\n<p align=\"CENTER\">\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">T\u00e9moignages d\u2019exil\u00e9s et d\u00e9serteurs portugais en Europe (1961-1974)<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Exp\u00e9rience et m\u00e9moire de la d\u00e9sertion et de l\u2019exil<\/span><\/span> <span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Pour commencer<\/strong> <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab\u00a0Quelqu\u2019un peut-il \u00eatre ce qu\u2019il n\u2019est pas\u00a0? Quelqu\u2019un peut-il \u00eatre ce qu\u2019il n\u2019est pas\u00a0? Quelqu\u2019un peut-il \u00eatre ce qu\u2019il n\u2019est pas\u00a0?\u00a0\u00bbQuand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 lire les textes qui composent ce livre, je me suis souvenu du refrain d&rsquo;une chanson que Sergio Godinho avait inclus, en 1972, dans son album \u00ab\u00a0Pr\u00e9-hist\u00f3rias\u00a0\u00bb [\u00ab\u00a0Pr\u00e9-histoires\u00a0\u00bb].<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cette m\u00eame ann\u00e9e, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 au cours d\u2019une manifestation contre la guerre coloniale et j\u2019ai senti imm\u00e9diatement que mon destin \u00e9tait trac\u00e9\u00a0: la fiche de renseignement de la PIDE-DGS [police politique] allait m\u2019emp\u00eacher de poursuivre mes \u00e9tudes, et si je n\u2019\u00e9tais pas envoy\u00e9 \u00e0 Caxias [prison politique situ\u00e9e pr\u00e8s de Lisbonne], on m\u2019incorporerait \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, dans un bataillon destin\u00e9 \u00e0 partir en Afrique. Comme je ne pourrais cesser d&rsquo;\u00eatre qui j&rsquo;\u00e9tais, je choisirais la d\u00e9sertion et l&rsquo;exil, comme bien d&rsquo;autres avant moi.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais le r\u00e9cit de cet \u00e9pisode personnel attendra la fin de ce texte. Ce qui importe pour l&rsquo;instant c&rsquo;est de souligner que le chemin de la d\u00e9sertion paraissait alors \u00e9vident, presque in\u00e9vitable pour beaucoup de ceux, dont certains prennent la parole dans ce livre, qui ont d\u00e9cid\u00e9 de ne pas trahir leur conscience et la confiance de ceux qui, comme eux, n&rsquo;ont pas accept\u00e9 de pactiser avec une guerre injuste et un gouvernement tyrannique.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">1. Ambigu\u00eb, insaisissable, presque toujours \u00e0 la marge, telle est la condition du d\u00e9serteur. Qu\u2019elle soit montr\u00e9e du doigt ou bien consid\u00e9r\u00e9e, criminalis\u00e9e ou per\u00e7ue comme h\u00e9ro\u00efque, la d\u00e9sertion commence par \u00eatre ce que d&rsquo;autres, ceux qui la jugent \u00e0 distance, d\u00e9signent comme \u00ab\u00a0un geste hors-la-loi\u00a0\u00bb. D\u00e9serter pour des motifs politiques, abandonner le pays avant m\u00eame d&rsquo;\u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans les rangs de l\u2019arm\u00e9e, n\u2019\u00e9tait pas jusqu\u2019au 25 avril 1974, une d\u00e9cision facile et comprise par tous. Au-del\u00e0 d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un crime, la d\u00e9sertion inspire, \u00e0 l\u2019exception des cercles les plus politis\u00e9s de l\u2019opposition \u00e0 l&rsquo;Estado Novo [Etat Nouveau], un discr\u00e9dit d&rsquo;ordre moral. Le r\u00e9gime s\u2019effor\u00e7ait ainsi de la faire admettre comme une forme de\u00a0\u00abtrahison\u00a0\u00bb consistant \u00e0 refuser d\u2019accomplir un devoir envers la \u00ab\u00a0patrie\u00a0\u00bb dont les int\u00e9r\u00eats \u00e9taient, soi-disant, bien au-dessus des choix individuels.Le m\u00e9pris que certains milieux de la soci\u00e9t\u00e9, nostalgiques du pass\u00e9 colonial ou bien ancr\u00e9s \u00e0 droite, continuent de porter \u00e0 ce choix est le signe que, pour eux, cette tache ne peut \u00eatre effac\u00e9e.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Malgr\u00e9 tout le temps \u00e9coul\u00e9 depuis la fin de cette guerre, qui a contraint des milliers de jeunes \u00e0 cette d\u00e9marche extr\u00eame, il existe encore des portugais, parmi eux de notables d\u00e9fenseurs du r\u00e9gime d\u00e9mocratique, voire m\u00eame des militaires en accord avec la r\u00e9volution d\u2019avril, qui sentent et m\u00eame expriment un certain malaise devant ceux qui assument publiquement d&rsquo;avoir fait ce choix. Pour ceux-l\u00e0, \u00ab\u00a0Le\u00a0D\u00e9serteur\u00a0\u00bb, la c\u00e9l\u00e8bre chanson de Boris Vian, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un hymne. Ils n&rsquo;en comprennent pas les paroles et ne veulent pas les tol\u00e9rer. Le substantif \u00ab\u00a0trahison\u00a0\u00bb r\u00e9sonne alors en vain, comme les mots \u00ab\u00a0peur\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0confort\u00a0\u00bb. Cela est parfois difficile \u00e0 admettre mais la r\u00e9alit\u00e9 est la suivante\u00a0: il existe encore des gens qui critiquent le choix, dramatique et difficile, de ceux qui ont d\u00e9cid\u00e9 de ne pas faire une guerre avec laquelle ils n\u2019\u00e9taient pas d\u2019accord. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ceux qui choisiront une vie d\u2019exil, souvent difficile, synonyme d&rsquo;un engagement politique qui exigeait du courage car dangereux, hypoth\u00e9queront, parfois pour toujours, leur bien-\u00eatre personnel et l&rsquo;espoir d&rsquo;un avenir tranquille. Bien loin des insinuations de \u00ab\u00a0couardise\u00a0\u00bb, la d\u00e9sertion repr\u00e9senta pour beaucoup de ces milliers de jeunes gens, un geste risqu\u00e9 et courageux, une d\u00e9marche individuelle de r\u00e9sistance \u00e0 un r\u00e9gime injuste et criminel avec lequel ils n\u2019acceptaient pas de pactiser. Il est important de le montrer et de le reconna\u00eetre publiquement. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">2. Des ann\u00e9es apr\u00e8s, l\u2019approche historique du th\u00e8me de la d\u00e9sertion continue \u00e0 \u00eatre difficile. D&rsquo;abord parce que les t\u00e9moignages \u00e0 la premi\u00e8re personne et les documents d&rsquo;archives n\u2019abondent pas. Ils existent mais ont \u00e9t\u00e9 longtemps renvoy\u00e9s \u00e0 la sph\u00e8re priv\u00e9e. C\u2019est seulement maintenant qu\u2019ils commencent \u00e0 \u00eatre port\u00e9s \u00e0 la connaissance de tous. Ensuite, parce qu\u2019il n\u2019existe pas de statistiques pr\u00e9cises et digne de foi sur le nombre de d\u00e9serteurs, r\u00e9fractaires et manquants \u00e0 l&rsquo;appel, ni sur leur r\u00e9partition g\u00e9ographique dans l&rsquo;exil. Mais \u00e9galement parce que les mouvements de gauche, qui ont d\u00e9fendu ou acceptaient ce choix, n\u2019\u00e9taient pas tous d\u2019accord entre eux, alimentant encore aujourd&rsquo;hui quelques controverses \u00e0 propos de la th\u00e9matique.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le Parti Communiste Portugais (PCP.) fondait sa position sur un soutien effectif aux positions d\u00e9fendues par les mouvements ind\u00e9pendantistes. Depuis le d\u00e9but du processus, il partait de l\u2019id\u00e9e que l\u2019\u00e9mancipation des peuples coloniaux et la lutte du peuple portugais pour la libert\u00e9, ayant comme ennemi commun le gouvernement fasciste et colonialiste, \u00e9taient \u00e9troitement li\u00e9es. Cependant, la mani\u00e8re de concevoir la lutte interne contre la guerre \u00e9voluera dans le temps, notamment en ce qui concerne le probl\u00e8me de la d\u00e9sertion. Sur cette question, un texte publi\u00e9 dans un num\u00e9ro du \u00ab\u00a0Militant\u00a0\u00bb de janvier 1966 (n\u00b0141) sera fondamental. Le titre de ce programme \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tout un programme\u00a0: \u00ab\u00a0Cr\u00e9er une forte organisation militaire est une des t\u00e2ches les plus urgentes du parti\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans celui-ci, le parti attribuait une grande importance \u00e0 l\u2019organisation des communistes dans les casernes et \u00e0 la propagande aupr\u00e8s des soldats, en pointant un ensemble de cibles\u00a0: \u00ab\u00a0contre la guerre des colonies, contre la violence des man\u0153uvres et des exercices militaires, contre les injustices et les vexations de la part des officiers et des commandants fascistes, contre l\u2019ing\u00e9rence d\u2019officiers \u00e9trangers et l\u2019installation de bases \u00e9trang\u00e8res en territoire national, contre la politique de trahison nationale du gouvernement fasciste, contre le terrorisme politique et la r\u00e9pression, contre l\u2019absence de libert\u00e9s d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Toutefois, la d\u00e9sertion fut le th\u00e8me le plus d\u00e9velopp\u00e9 dans le document. Il y \u00e9tait d\u00e9clar\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Il est clair que le parti, non seulement ne s&rsquo;oppose pas mais pr\u00e9conise et applaudit la d\u00e9sertion des soldats, sergents et officiers qui refusent de participer aux guerres coloniales criminelles (\u2026..). L\u2019organisation des d\u00e9sertions collectives (\u2026.) doit donc continuer et s\u2019intensifier le plus possible\u00a0\u00bb. Cependant, le document explique que \u00ab\u00a0cela ne s\u2019applique pas aux militants\u00a0\u00bb, et que le parti ne peut \u00ab\u00a0soutenir la d\u00e9sertion individuelle\u00a0\u00bb ce qui reviendrait \u00e0 priver beaucoup de jeunes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame des forces arm\u00e9es d\u2019\u00eatre \u00e9clair\u00e9s sur le caract\u00e8re n\u00e9gatif de la politique coloniale du gouvernement. Il y est m\u00eame \u00e9crit : \u00ab\u00a0Dans la lutte contre la guerre coloniale, les communistes ont le devoir d\u2019aller le plus loin possible, m\u00eame jusqu\u2019au front, avec toujours comme objectif d\u2019\u00e9clairer les autres soldats sur le fait qu\u2019ils ne doivent pas combattre, ni risquer leur vie pour d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats des monopolistes et autres ennemis de la Patrie\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">De la m\u00eame mani\u00e8re, il est exclu d\u2019abandonner le pays avant d\u2019\u00eatre soldat ou m\u00eame de faire ses classes. Le document pose la question\u00a0: \u00ab\u00a0comment concilier l\u2019attitude de ces camarades avec les objectifs de la r\u00e9volution s\u2019ils n\u2019apprennent m\u00eame pas le maniement des armes\u00a0?\u00a0\u00bb. Peu de temps apr\u00e8s, un nouvel article (\u00ab\u00a0les jeunes communistes et la guerre coloniale\u00a0\u00bb n\u00b0 144, ao\u00fbt 1966) donne un \u00e9clairage compl\u00e9mentaire\u00a0: \u00ab\u00a0le Parti d\u00e9sapprouve les d\u00e9sertions individuelles des membres du Parti, ceux qui pourront vraiment d\u00e9serter sont ceux qui seraient en danger d\u2019\u00eatre emprisonn\u00e9s, \u00e0 cause de leur action r\u00e9volutionnaire ou parce qu\u2019ils ont accompagn\u00e9 les d\u00e9sertions collectives\u00a0\u00bb. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">3. Ceci f\u00fbt une des \u00e9tapes importantes du processus graduel et multiforme qui a tenu \u00e0 distance du PCP. beaucoup de jeunes antifascistes qui, particuli\u00e8rement dans les derni\u00e8res ann\u00e9es du r\u00e9gime, s\u2019\u00e9taient rapproch\u00e9s des positions de la \u00ab\u00a0gauche r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb. Dans les milieux universitaires, les \u00e9tudiants communistes, dont l\u2019activit\u00e9 \u00e9tait en grande partie concentr\u00e9e dans le combat semi-l\u00e9gal contre la politique d\u2019\u00e9ducation du gouvernement et dans la reconnaissance du r\u00f4le rassembleur de la vie associative, ne voyaient pas la lutte anticoloniale comme une t\u00e2che prioritaire. De cette fa\u00e7on, ils ne r\u00e9pondaient pas \u00e0 une probl\u00e9matique qui affectait directement la vie des \u00e9tudiants de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur et des jeunes en g\u00e9n\u00e9ral. Ceux-ci se sentaient afflig\u00e9s de cette situation, profond\u00e9ment r\u00e9volt\u00e9s et voyaient leur avenir bloqu\u00e9. D\u00e8s lors, l&rsquo;organisation de groupes estudiantins combatifs devint moins difficile et certains, situ\u00e9s plus \u00e0 gauche, prendront comme axe principal de leurs initiatives l&rsquo;opposition active \u00e0 la guerre coloniale. Au m\u00eame moment, dans les milieux de l\u2019\u00e9migration, o\u00f9 beaucoup d\u2019exil\u00e9s et de d\u00e9serteurs travaillaient de mani\u00e8re organis\u00e9e pour la politisation des travailleurs \u00e9migr\u00e9s, le th\u00e8me de la guerre est devenu le point de convergence des initiatives de groupes actifs et militants, ouvertement engag\u00e9s sur des initiatives de nature anticolonialiste. D\u00e8s les premiers documents, la th\u00e9matique anticoloniale fut tr\u00e8s pr\u00e9sente dans les objectifs politiques de ce secteur. Ce fut d\u2019ailleurs un des points de divergence avec le PCP, moins tourn\u00e9 vers le combat imm\u00e9diat, curieusement m\u00eame moins ce qui \u00e9tait propos\u00e9 dans certains secteurs catholiques \u00ab\u00a0progressistes\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">D\u00e9j\u00e0 en 1964, dans le premier num\u00e9ro du journal clandestin Revolu\u00e7\u00e3o Popular [R\u00e9volution Populaire], organe du Comit\u00e9 Marxiste-L\u00e9niniste Portugais (CMLP) on d\u00e9clarera que \u00ab\u00a0le d\u00e9but des guerres r\u00e9volutionnaires de lib\u00e9ration des peuples des colonies portugaises a inaugur\u00e9 une nouvelle phase de la lutte antifasciste au Portugal\u00a0\u00bb. La position d\u00e9fendue \u00e9tait que la lutte arm\u00e9e des mouvements ind\u00e9pendantistes devrait s\u2019articuler avec la lutte des portugais, elle-m\u00eame ayant recours aussi \u00e0 la violence arm\u00e9e conduisant au renversement du fascisme, et qu\u2019il n\u2019y avait pas de temps \u00e0 perdre dans la poursuite de cet objectif. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">4. Cette option d\u00e9terminera, m\u00eame apr\u00e8s la dissolution du CMLP, l\u2019activit\u00e9 des groupes qui en d\u00e9riveront et\/ou prendront leurs distances, pendant la courte mais complexe histoire de notre mouvement, auto-d\u00e9sign\u00e9\u00a0\u00a0mouvement marxiste-l\u00e9niniste ou mao\u00efste, avant le 25 abril. Malgr\u00e9 les divergences successives qui furent \u00e0 l\u2019origine de scissions, presque toutes les organisations maintiendront \u00e0 ce sujet, \u00e0 de petites diff\u00e9rences pr\u00e8s, parfois simplement formelles, trois principes de base en commun.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le premier consistait \u00e0 reconna\u00eetre que la lutte contre la poursuite de la guerre coloniale constituait une t\u00e2che prioritaire, pr\u00e9lude n\u00e9cessaire et indispensable \u00e0 la chute du r\u00e9gime et \u00e0 l\u2019instauration d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui devait \u00eatre nouvelle et plus juste. Le second voulait que tant que durerait la guerre, un r\u00e9volutionnaire ne devrait en aucune fa\u00e7on accepter d\u2019aller combattre les mouvements ind\u00e9pendantistes dans les territoires africains. En cons\u00e9quence, le troisi\u00e8me d\u00e9terminait que, une fois incorpor\u00e9 dans les rangs des forces arm\u00e9es, lorsqu\u2019il serait mobilis\u00e9 pour se rendre sur les th\u00e9\u00e2tres d&rsquo;op\u00e9ration, le r\u00e9volutionnaire devrait forc\u00e9ment d\u00e9serter, continuant \u00e0 se battre, avec d\u2019autres fonctions et dans d&rsquo;autres contextes, pour la fin du fascisme, pour la r\u00e9volution sociale et pour le droit des peuples des colonies.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Un de ces groupes, et sans aucun doute un des plus actifs, fut l\u2019OCMLP (Organisation Communiste Marxiste-L\u00e9niniste Portugaise), structure cr\u00e9\u00e9e \u00e0 partir de la fusion du \u00ab\u00a0Grito do Povo\u00a0\u00bb [\u00ab\u00a0Le Cri du peuple\u00a0\u00bb] et de \u00ab\u00a0O Comunista\u00a0\u00bb [\u00ab\u00a0Le Communiste\u00a0\u00bb] et dans lequel ont milit\u00e9 ou avec lequel ont collabor\u00e9 les auteurs de ces t\u00e9moignages. Ce mouvement proposait la d\u00e9sertion avec les armes \u00e0 la fin des classes militaires, permettant ainsi de conjuguer le refus de participer \u00e0 la guerre coloniale avec la concr\u00e9tisation des conditions mat\u00e9rielles pour le lancement futur d\u2019une r\u00e9volution arm\u00e9e pour abattre le r\u00e9gime.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Le Manifeste du Soldat le disait clairement \u00ab\u00a0Quand tu d\u00e9sertes, essaie par tous les moyens de t\u2019approprier les armes, les explosifs, les uniformes, les documents, les cartes, etc\u2026 Si tu as un ami r\u00e9volutionnaire de confiance confie lui le mat\u00e9riel. Sinon, enterre-le, en le prot\u00e9geant bien de l\u2019humidit\u00e9 ou cache-le bien dans un lieu s\u00fbr\u00a0: quand la r\u00e9volution en aura besoin, les armes seront l\u00e0, pr\u00eates \u00e0 servir\u00a0\u00bb. En m\u00eame temps qu\u2019on essayait d\u2019atteindre ces buts et de les mettre en pratique, en cr\u00e9ant les conditions de sortie du pays des militaires r\u00e9volutionnaires\u00a0ou plus politis\u00e9s, l\u2019OCMLP participait \u00e0 des organes \u00ab\u00a0frontistes\u00a0\u00bb associ\u00e9s \u00e0 la lutte anticoloniale, comme les \u00ab\u00a0Comit\u00e9s Servir o Povo\u00a0\u00bb [\u00ab\u00a0Comit\u00e9s Servir le Peuple\u00a0\u00bb] et autres. Dans l\u2019\u00e9migration, cette organisation animait d\u00e9j\u00e0 des journaux, des groupes de th\u00e9\u00e2tre et des associations dans lesquelles le combat contre la guerre et la dynamisation de la conscience politique de la communaut\u00e9 portugaise \u00e9migr\u00e9e en France, en Suisse, au Luxembourg, en Hollande, au Danemark et dans d\u2019autres pays, constituaient un \u00e9l\u00e9ment essentiel. Plusieurs des textes ici propos\u00e9s racontent, de mani\u00e8re assez d\u00e9taill\u00e9e, et par qui l\u2019a v\u00e9cu, ces ann\u00e9es d&rsquo;exp\u00e9rience et d\u2019infatigable militantisme. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">5. Ceux qui \u00e9crivent ce livre sont des hommes et des femmes qui ont particip\u00e9 activement \u00e0 cet univers, agissant en terres d\u2019exil en ad\u00e9quation avec leur d\u00e9cision de d\u00e9serter des forces arm\u00e9es portugaises ou d\u2019appeler \u00e0 la d\u00e9sertion dans les communaut\u00e9s portugaises \u00e9migr\u00e9es en Europe, de militer contre la guerre coloniale, et globalement, de maintenir une r\u00e9sistance active et organis\u00e9e contre un r\u00e9gime fasciste et colonialiste. Les femmes tiennent ici une place particuli\u00e8re. Ne pouvant \u00eatre, de fait, \u00abd\u00e9serteuses\u00bb de l\u2019arm\u00e9e, elles ont choisi elles-m\u00eames leur condition d\u2019exil\u00e9es, dans un acte militant qui les a rapproch\u00e9 de la condition des d\u00e9serteurs. Leurs importants t\u00e9moignages contribuent, d\u2019une autre fa\u00e7on, \u00e0 compl\u00e9ter ou \u00e0 revisiter \u00e0 leur mani\u00e8re, beaucoup de ce que leurs camarades ou compagnons de l&rsquo;\u00e9poque nous racontent dans leurs textes.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Lire ce qui se raconte ici nous permet cependant de d\u00e9passer la simple \u00e9nonciation des choix politiques, partag\u00e9s par tous ceux qui ont t\u00e9moign\u00e9 et communs \u00e0 tant d\u2019autres jeunes qui ont choisi la voie de l\u2019exil pour \u00e9viter de faire la guerre et continuer leur combat politique. Cela nous permet \u00e9galement de conna\u00eetre leur quotidien d&rsquo;alors et par cons\u00e9quent, de comprendre et de reconna\u00eetre que le chemin qu\u2019ils ont choisi ne fut pas, comme certains le proclament encore, la voie la plus facile. Abandonner le cocon d\u2019origine pour, loin de chez-soi, \u00ab\u00a0vivre avec l&rsquo;essentiel, recommencer tout \u00e0 z\u00e9ro\u00a0\u00bb, comme on le dit \u00e0 un certain moment du livre, \u00e9tait tout sauf un choix simple. Cela impliquait de laisser sa famille, sa terre, son quartier d\u2019origine, la possibilit\u00e9 d&rsquo;une s\u00e9curit\u00e9 mat\u00e9rielle, voire carr\u00e9ment vivre un\u00a0\u00ab processus de d\u00e9classement social\u00a0\u00bb comme le dit Miguel Cardina, dans son \u00e9tude sur le mao\u00efsme au Portugal entre 1964 et 1974. En somme, cela signifiait \u00eatre oblig\u00e9 de vivre\u00a0\u00ab\u00a0l\u00e0 o\u00f9 on pourrait se cacher\u00a0\u00bb, souvent sans g\u00eete assur\u00e9, sans garantie de travail, sans le confort d\u2019un lit chaud et d\u2019un couvert. Les plus solitaires vivaient en marge de la l\u00e9galit\u00e9 et sous la menace de la police, des services d\u2019\u00e9migration et m\u00eame de l&rsquo;\u00e9troite surveillance de la PIDE. Les lieux d\u2019exil n\u2019\u00e9taient pas des clubs de vacances ni des haltes de voyage mais plut\u00f4t des territoires instables o\u00f9 la jeunesse du corps, la solidarit\u00e9 de certains compagnons, les amours occasionnels, la foi dans la Justice historique et dans une utopie qui fait esp\u00e9rer, \u00e9taient les choses qui alimentaient le mieux, corps, \u00e2me et d\u00e9termination \u00e0 poursuivre.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Et puis, il y avait la lecture, le th\u00e9\u00e2tre, le cin\u00e9ma, la musique qui contribuaient au processus d\u2019\u00e9mancipation et de politisation. Dans un pays appauvri, b\u00e2illonn\u00e9 et en guerre, \u00e9taient des activit\u00e9s qui pour les uns \u00e9taient tr\u00e8s contr\u00f4l\u00e9es et pour les autres pratiquement impossibles. Ceci est aussi l&rsquo;esprit qui accompagne ces pages. Celui d\u2019une d\u2019appr\u00e9hension romanesque du monde, d&rsquo;une conqu\u00eate de nouveaux horizons qui a transform\u00e9 ces hommes et ces femmes en leur conf\u00e9rant une vision diff\u00e9rente du monde, de l\u2019histoire, de la vie personnelle voire m\u00eame de leur propre pays. Une vision diff\u00e9rente de celle partag\u00e9e par ceux qui \u00e9taient rest\u00e9s l\u00e0-bas, habitaient l\u2019\u00a0\u00abint\u00e9rieur\u00a0\u00bb ou de ceux qui avaient fini par gagner, souvent sans billet de retour, les fronts encore plus lointains de la guerre coloniale\u00a0.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ce n\u2019est pas seulement \u00e0 cause de \u00e7a, mais aussi pour \u00e7a, ces textes d\u00e9gagent la fiert\u00e9. A l&rsquo;inverse de ce que peuvent penser ceux qui ne comprennent pas, et qui peut-\u00eatre ne pourront jamais comprendre le choix personnel et politique de la d\u00e9sertion, ces hommes et ces femmes savent qu\u2019ils ont v\u00e9cu une exp\u00e9rience unique, que ce choix les a chang\u00e9s pour toujours et, par-dessus tout, qu\u2019ils ont accompli un destin qu\u2019ils ont per\u00e7u et continuent \u00e0 percevoir comme un devoir. Et ils sont convaincus, m\u00eame si certaines exp\u00e9riences d\u2019exil par lesquelles ils sont pass\u00e9s ont eu leur in\u00e9vitable c\u00f4t\u00e9 n\u00e9gatif, qu\u2019ils ont fait ce qu\u2019ils avaient \u00e0 faire. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Pour finir<\/strong> (1) <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il est vrai que, si nous nous attachons au d\u00e9tail, nous pouvons quelquefois relever des impr\u00e9cisions, des anachronismes ou m\u00eame de petites contradictions dans les r\u00e9cits ou les r\u00e9f\u00e9rences qui apparaissent dans ces t\u00e9moignages. Finalement, le travail de la m\u00e9moire, qui ne se confond pas avec l\u2019histoire mais l\u2019alimente, passe aussi comme on le sait, par l\u2019oubli, par la s\u00e9lection de ce que chacun consid\u00e8re comme plus important et par l\u2019introduction d\u2019exp\u00e9riences post\u00e9rieures, en d\u2019autres moments et en d\u2019autres lieux. Cela se traduit parfois par un \u00e9largissement de la marge d\u2019erreur. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Mais ces cas ponctuels ne servent qu\u2019\u00e0 mettre en valeur le degr\u00e9 de sinc\u00e9rit\u00e9 et le retour au pass\u00e9 que nous trouvons ici. Ce livre est, pour cette raison, une contribution indispensable et intens\u00e9ment personnelle, \u00e0 la construction d\u2019une histoire collective qui en r\u00e9alit\u00e9 reste encore \u00e0 faire. Une histoire qui, une fois conclue, subira encore les anath\u00e8mes de ceux qui s\u2019obstinent \u00e0 bl\u00e2mer ceux qui ont agi par devoir moral et qui m\u00e9riterait uniquement respect et gratitude. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"><strong>Pour finir<\/strong> (2)<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Car ce qui qui est promis est d\u00fb, et je crois relater une situation singuli\u00e8re, je termine avec la fin de la petite histoire personnelle que j\u2019ai commenc\u00e9e \u00e0 raconter au d\u00e9but de ce texte. Celle de ma propre d\u00e9sertion. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">J\u2019ai v\u00e9cu le 25 avril 1974 d\u00e9j\u00e0 en qualit\u00e9 de militaire (je suis devenu soldat le 17 avril 1973), et j&rsquo;ai, en ao\u00fbt 1974, \u00e9t\u00e9 incorpor\u00e9 dans un bataillon destin\u00e9 \u00e0 partir pour l\u2019Angola. Cependant, comme les Accords d\u2019Alvor qui, en janvier 1975 ont \u00e9tabli les param\u00e8tres pour un partage du pouvoir entre les trois mouvements ind\u00e9pendantistes angolais, n\u2019\u00e9taient pas encore en vigueur, l\u2019OCMLP, laquelle \u00e0 l\u2019\u00e9poque militait activement, a d\u00e9cid\u00e9 de maintenir l\u2019appel \u00e0 la d\u00e9sertion. Et c&rsquo;est ce que je fis, d\u00e9sertant du 15<\/span><\/span><sup><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00e8me<\/span><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\"> r\u00e9giment d\u2019infanterie de Tomar, et restant dans la clandestinit\u00e9 de septembre 1974 \u00e0 janvier de l\u2019ann\u00e9e suivante, quand, gr\u00e2ce \u00e0 la paix sign\u00e9e (une paix transitoire, mais cela nous ne le savions pas encore \u00e0 l\u2019\u00e9poque) je pus r\u00e9int\u00e9grer l\u2019arm\u00e9e sous couvert d\u2019une amnistie. D\u00e8s f\u00e9vrier je partais de fait pour Luanda, pour vivre l\u00e0-bas en tant que militaire mais aussi avec comme objectif les t\u00e2ches politiques propos\u00e9es par l\u2019organisation, en cette \u00abann\u00e9e de braise\u00a0\u00bb de 1975.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab\u00a0Ma\u00a0\u00bb clandestinit\u00e9 fut v\u00e9cue \u00e0 travailler comme man\u0153uvre dans une entreprise de b\u00e2timent du district de Braga, dans le nord du Portugal. Mais cette solution n&rsquo;est apparue que dans un deuxi\u00e8me temps. Car le matin de septembre 1974 o\u00f9 je suis sorti de la maison de mes parents sans qu\u2019ils puissent imaginer ce que j\u2019allais d\u00e9cider de faire, j&rsquo;ai cru n&rsquo;avoir comme seul destin, comme tant d\u2019autres avant moi et comme les camarades qui parleront ensuite, que le chemin d\u2019un exil sans retour, projet\u00e9 vers une autre vie v\u00e9cue au-del\u00e0 des Pyr\u00e9n\u00e9es.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">\u00ab\u00a0Quelqu\u2019un peut-il \u00eatre ce qu\u2019il n\u2019est pas\u00a0?\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte est le pr\u00e9face du Livre d&rsquo;exils, en phase d&rsquo;\u00e9dition, qui sera publi\u00e9 par l&rsquo;AEP61\/74. Il est sign\u00e9 par Rui Bebiano, historien, professeur d&rsquo;Histoire contemporaine \u00e0 L&rsquo;Universit\u00e9 de Coimbra et chercheur au Centre d&rsquo;\u00e9tudes sociales (CES). Depuis juin 2011, il est directeur du Centre de Documentation 25 avril, de l&rsquo;Universit\u00e9 de Coimbra. T\u00e9moignages d\u2019exil\u00e9s &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/?p=1542\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;EXILS &#8211; T\u00e9moignages d\u2019exil\u00e9s et d\u00e9serteurs portugais en Europe (1961-1974) par Rui Bebiano&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1538,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[83,10],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1542"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1542"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1542\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1538"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1542"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1542"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1542"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}