{"id":1931,"date":"2018-07-27T13:06:37","date_gmt":"2018-07-27T12:06:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.memoria-viva.fr\/?p=1931"},"modified":"2021-10-07T16:57:47","modified_gmt":"2021-10-07T15:57:47","slug":"la-question-de-la-participation-des-etudiants-des-colonies-portugaises-au-commencement-des-luttes-pour-lindependance-1961","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/?p=1931","title":{"rendered":"La question de la participation des \u00e9tudiants des colonies portugaises au commencement des luttes pour l\u2019ind\u00e9pendance (1961)"},"content":{"rendered":"<p>A propos de la sortie de l\u2019ouvrage \u00ab\u00a0<strong>Op\u00e9ration Angola \u2013 Soixante \u00e9tudiants africains exfiltr\u00e9s du Portugal de Salazar<\/strong>\u00bb &#8211; une action secr\u00e8te de la Cimade en 1961\u00a0\u00bb *.<\/p>\n<p><strong>Par Albano Cordeiro, sociologue \u00e9conomiste et politologue \u2013 F\u00e9v. 2018<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque, pour la premi\u00e8re fois, je prends connaissance de l\u2019\u00e9dition d\u2019un livre sur la sortie collective clandestine du Portugal, en 1961, d\u2019une soixantaine d\u2019\u00e9tudiants des colonies portugaises, majoritairement angolais, je me suis senti concern\u00e9. Le sujet de cet ouvrage faisait venir \u00e0 la m\u00e9moire une partie \u2013tr\u00e8s ancienne &#8211; de l\u2019histoire de ma vie.<\/p>\n<p>Le texte de l\u2019ouvrage pr\u00e9sent\u00e9 ici raconte le processus qui a men\u00e9 un r\u00e9seau d\u2019organisations protestantes \u00e0 monter une op\u00e9ration d\u2019envergure pour soustraire quelques dizaines de jeunes africains acquis \u00e0 la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance de leur pays d\u2019origine \u00e0 l\u2019emprise des autorit\u00e9s portugaises, les rendant ainsi disponibles pour participer \u00e0 la lutte de lib\u00e9ration tout en poursuivant leurs \u00e9tudes.<\/p>\n<p>Un ouvrage sur cet \u00e9pisode \u00e9tait imaginable vu la singularit\u00e9 de cette op\u00e9ration et des protagonistes impliqu\u00e9s dans les aspects organisationnels. Il reste que, outre les aspects techniques et organisationnels que cela pose, les aspects politiques sont \u00e9galement \u00e0 ne pas n\u00e9gliger.<\/p>\n<p>Sur cet angle, l\u2019ouvrage aborde ici et l\u00e0 le contexte et la conjoncture attenants aux forces politiques int\u00e9ress\u00e9es, \u00e0 un titre ou \u00e0 un autre, au succ\u00e8s ou \u00e0 la non r\u00e9alisation du but recherch\u00e9.<\/p>\n<p>Le sujet central autour duquel se d\u00e9roule le r\u00e9cit est bien celui des aspects organisationnels. Mais en effet, il \u00e9tait \u00e9galement envisageable de r\u00e9unir des donn\u00e9es concernant l\u2019insertion politique des \u00e9tudiants contact\u00e9s et de ceux qui ont particip\u00e9 r\u00e9ellement \u00e0 l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0\u00e9vasion clandestine\u00a0\u00bb. A notre avis, ces aspects sont insuffisamment abord\u00e9s.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait ind\u00e9niable que le mouvement de lib\u00e9ration d\u2019Angola \u00e9tait bien \u2013 et de loin &#8211; le plus avanc\u00e9 en termes de mobilisation politique pour ce but. Il n\u2019est donc pas une surprise d\u2019apprendre qu\u2019une cinquantaine d\u2019\u00e9tudiants sur une soixantaine \u00e9taient d\u2019origine angolaise. Par contre, des \u00e9tudiants d\u2019autres origines (mozambicaine, capverdienne, bissau-guin\u00e9enne et santom\u00e9enne) s\u2019y sont joints. Ceci est aussi r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019\u00e9tat des rapports entre les divers mouvements de lib\u00e9ration, constitu\u00e9s ou en voie de constitution. Ainsi on peut remarquer que certains mouvements et certains leaders sont plus cit\u00e9s et reviennent plus souvent dans le r\u00e9cit, que d\u2019autres.<\/p>\n<p>Nous constatons que le nom d\u2019Agostinho Neto est quasi absent du r\u00e9cit (\u00e0 deux exceptions pr\u00e8s, mais sans liaison significative avec le texte). De m\u00eame Amilcar Cabral e Viriato da Cruz. Certes, ils n\u2019\u00e9taient pas associ\u00e9es \u00e0 l\u2019initiative, mais ils ont pu avoir une opinion sur ce que s\u2019est pass\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration \u00e9tant &#8211; comme il a \u00e9t\u00e9 dit &#8211; \u00ab<em>\u00a0l\u2019\u00e9glise en action\u00a0<\/em>\u00bb, il n\u2019est pas \u00e9tonnant que le nombre d\u2019\u00e9tudiants se r\u00e9clamant des principes et pratiques chr\u00e9tiennes, principalement protestantes s\u2019est av\u00e9r\u00e9 important, rivalisant avec ceux se r\u00e9clamant du marxisme-l\u00e9ninisme. Pourtant, la pr\u00e9pond\u00e9rance de ceux-ci dans les cercles pro \u2013 ind\u00e9pendance \u00e9tait alors connue.<\/p>\n<p>Au vu du sujet abord\u00e9, qui relate une action politique collective \u00e0 laquelle participent des jeunes diversement engag\u00e9s politiquement, l\u2019int\u00e9r\u00eat principal pour le lecteur politis\u00e9 est celui de connaitre les raisons et motivations qui les ont amen\u00e9s \u00e0 s\u2019associer.<\/p>\n<p>Il appara\u00eet clairement que le r\u00f4le de principal organisateur revient \u00e0 Jacques Beaumont(1), alors secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la CIMADE, confirmant ainsi le fait d\u2019attribuer \u00e0 celle-ci la responsabilit\u00e9 du d\u00e9roulement et du succ\u00e8s de l\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n<p>La motivation des \u00e9tudiants contact\u00e9s pour le d\u00e9part du Portugal a \u00e9t\u00e9 d\u2019abord celle d\u2019un souhait de se lib\u00e9rer du contr\u00f4le des autorit\u00e9s portugaises, que quelques recruteurs actifs partagent avec d\u2019autres \u00e9tudiants africains \u2013angolais ou pas. C\u2019est le cas du recruteur m\u00e9thodiste Pedro Felipe(2) et de Vieira Lopes(3), \u00e9tudiants engag\u00e9s politiquement, mais aussi de Daniel Chipenda (Coimbra) et de Lima de Azevedo (Porto)(4).<\/p>\n<p>L\u00e0 aussi, leurs opinions auraient \u00e9t\u00e9 utiles pour avoir une vision globale des \u00e9v\u00e8nements cit\u00e9s.<br \/>\nLe succ\u00e8s de l\u2019op\u00e9ration est d\u00fb en grande partie au souci qu\u2019ont eu les organisateurs de se \u00ab\u00a0couvrir\u00a0\u00bb face aux impr\u00e9vus susceptibles de faire \u00e9chouer en cours. Un ministre et un secr\u00e9taire d\u2019Etat sont aussi mis au courant de l\u2019op\u00e9ration(5). Des soutiens qui, en outre, peuvent faciliter certaines op\u00e9rations et avoir acc\u00e8s \u00e0 des moyens pour mener l\u2019op\u00e9ration.<\/p>\n<p>Une vingtaine de ces \u00e9tudiants exerceront des responsabilit\u00e9s dans les mouvements de lib\u00e9ration et dans les gouvernements post ind\u00e9pendance. Un leader de mouvement nationaliste, Eduardo Mondlane, s\u2019est d\u00e9plac\u00e9 au foyer de la CIMADE d S\u00e8vres, dans la banlieue de Paris, pour une rencontre avec Joaquim Chissano(6) e Pascoal Mocumbi(7). Le premier sera Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du Mozambique \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80, et le deuxi\u00e8me son Premier Ministre.<\/p>\n<p>Outre le petit nombre de mozambicains participant \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de la Cimade, d\u2019autres se sont exil\u00e9s, avant ou apr\u00e8s, Parmi ceux-ci on trouve \u00e9galement des noms de personnalit\u00e9s politiques, telles que Oscar Monteiro e Jos\u00e9 Luis Caba\u00e7o, qui ont exerc\u00e9 des responsabilit\u00e9s minist\u00e9rielles.<\/p>\n<p>Bien que pr\u00e9par\u00e9e dans le plus grand secret, il reste relativement \u00e9tonnant le fait que la police secr\u00e8te salazariste a appris l\u2019op\u00e9ration quand elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en cours (et \u00e0 l\u2019approche de la fin de la m\u00eame) par la police espagnole. Un communiqu\u00e9 du gouvernement portugais dat\u00e9 du 17 juillet 1961 informe qu\u2019une soi-disante \u00ab\u00a0<em>Organisation pour la protection des pays du tiers-monde<\/em>\u00a0\u00bb(8) chercherait \u00e0 \u00ab\u00a0<em>impliquer des jeunes \u00e9tudiants d\u2018outremer dans des activit\u00e9s subversives<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019arrestation \u00e0 la fronti\u00e8re espagnole (cot\u00e9 pays basque) d\u2019un minibus de l\u2019op\u00e9ration Cimade en cours, le 30 juin, a \u00e9t\u00e9 le motif de la mise au courant de la police portugaise. Salazar se proposait d rapatrier les \u00e9tudiants \u00e0 Lisbonne. Franco, r\u00e9pondant \u00e0 d\u2019autres exigences, d\u00e9cida les laisser poursuivre leur voyage vers la France. \u00ab<em>\u00a0On ne peut qu\u2019imaginer la fureur de Salazar<\/em>\u00a0\u00bb)(9)\u00a0.<\/p>\n<hr \/>\n<p><em>Notes :<br \/>\n(1) Jacques Beaumont est cit\u00e9 par les auteurs du r\u00e9cit, d\u00e8s l\u2019Introduction (p. 13), comme principal organisateur de l\u2019op\u00e9ration,. Il est aussi pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il a pris ces responsabilit\u00e9s \u00e0 la demande du Conseil \u0153cum\u00e9nique des Eglises, saisi par l\u2019Eglise M\u00e9thodiste des Etats Unis.<br \/>\n(2) Pedro Filipe est cit\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises (voir pages 45, 47, 50, 59, 90), en particulier dans un sous chapitre, p. 167 le d\u00e9signant repr\u00e9sentant de la \u00ab\u00a0F\u00e9d\u00e9\u00a0\u00bb (Protestante africaine) et ayant un r\u00f4le essentiel aupr\u00e8s de la COE et dans le recrutement des candidats \u00e0 l\u2019\u00a0\u00bb\u00e9vasion\u00a0\u00bb.<br \/>\n(3) Vieira Lopes est l\u2019autre recruteur, d\u00e9sign\u00e9 comme \u00ab\u00a0leader du groupe politique\u00a0\u00bb, sous entendant probablement des militants MPLA (cit\u00e9 p. 90, 115, 125 et 127).<br \/>\n(4) Cit\u00e9 p. 147.<br \/>\n(5) Il s\u2019ag\u00eet de Robert Buron et de Bernard Tricot. Et aussi de Maurice Couve de Murville (\u00ab\u00a0membre de l\u2019Eglise Reform\u00e9e\u00a0\u00bb), Ministre des Affaires Etrang\u00e8res.<br \/>\n(6) Voir pp. 14, 95\/98, 143, 156, 165.<br \/>\n(7) Voir pp. 139\/140.<br \/>\n(8) Voir p. 151. Cette \u00ab\u00a0organisation\u00a0\u00bb devrait prot\u00e9ger les \u00e9tudiants africains d\u2019\u00ab\u00a0une hypoth\u00e9tique pers\u00e9cution \u00e0 venir par le gouvernement et la population en r\u00e9ponse aux \u00e9v\u00e8nements en cours dans le nord de l\u2019Angola\u00a0\u00bb.<br \/>\n(9) Voir page 136.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>QUAND UN EXIL\u00c8 REJOINT D&rsquo;AUTRES EXIL\u00c9S<\/p>\n<p>Je n\u2019\u00e9tais pas angolais mais un jeune d\u2019origine portugaise grandi au Mozambique dans les ann\u00e9es 40 et 50, et que se sentait mozambicain. Mozambicain dans un pays libre et progressiste. Je soutenais le principe d\u2019un Mozambique ind\u00e9pendant.<\/p>\n<p>A la fin des ann\u00e9es 50, je pars au Portugal pour poursuivre mes \u00e9tudes, et je deviens adh\u00e9rent de la \u00ab\u00a0Casa dos Estudantes do Imp\u00e9rio\u00a0\u00bb de l\u2019Universit\u00e9 de Porto o\u00f9 je me suis inscrit en 1958. Je participe \u00e0 sa cr\u00e9ation en 1959 et je deviens son Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral en 1961.<\/p>\n<p>Courant Mai 1961, un \u00e9tudiant angolais adh\u00e9rent (J. Lima de Azevedo), est venu me rencontrer au si\u00e8ge me demandant de consulter le cahier des inscrits \u00e0 l\u2019association all\u00e9guant un besoin d\u2019annoter leur nom. Normalement, il ne disposait pas du droit de consulter le cahier des inscrits. Et j\u2019\u00e9tais dans le droit de lui poser des questions concernant les raisons de sa demande. Je me suis gard\u00e9 de le solliciter \u00e0 s\u2019expliquer.<br \/>\nJe le connaissais relativement bien suite \u00e0 notre fr\u00e9quentation des cercles informels des \u00e9tudiants dits \u00ab\u00a0ultramarinos\u00a0\u00bb (originaires des colonies portugaises), sp\u00e9cialement angolais. Et je connaissais sa qualit\u00e9 de membre du MPLA., le mouvement de lib\u00e9ration angolais que jouissait de ma sympathie. J\u2019ai per\u00e7u que des raisons politiques s\u00e9rieuses motivaient la demande de Lima de Azevedo. Des raisons importantes puisque sur celles-ci le silence s\u2019imposait.<\/p>\n<p>Des jours passent (une semaine ou plus) et j\u2019apprends que plusieurs \u00e9tudiants angolais \u00e9taient \u00ab\u00a0disparus\u00a0\u00bb depuis plusieurs jours. On apprend par la suite que, de m\u00eame, \u00e0 Coimbra et \u00e0 Lisbonne, des \u00e9tudiants angolais \u2013 ainsi que d\u2019autres \u00ab\u00a0ultramarinos\u00a0\u00bb &#8211; \u00e9taient \u00ab\u00a0disparus\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>On m\u2019informe que le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de la CEI de Lisbonne et celui de celle de l\u2019Universit\u00e9 de Coimbra avaient \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 la PIDE et interrog\u00e9s sur ces \u00ab\u00a0disparitions\u00a0\u00bb. Autrement dit, j\u2019\u00e9tais le suivant.<\/p>\n<p>Ma d\u00e9cision f\u00fbt quasi imm\u00e9diate. Je me devais de rejoindre le groupe de ceux qui venaient de s\u00a0exiler.<br \/>\nIl fallait avoir un passeport. Je pourrais en avoir un puisque j\u2019avais \u00e9t\u00e9 exempt\u00e9 du service militaire lors de l\u2019examen d\u2019entr\u00e9e dans l\u2019arm\u00e9e fait au Mozambique avant mon d\u00e9part en \u00ab\u00a0m\u00e9tropole\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Je pars pour Lisbonne, o\u00f9 j\u2019aurais plus de chances d\u2019\u00e9chapper \u00e0 un refus de passeport venant de la PIDE, puisque je n\u2019y habitais pas. J\u2019ai donn\u00e9 l\u2019adresse d\u2019une tante habitant Lisbonne.<\/p>\n<p>A peine re\u00e7u le passeport, je prends quelques affaires et je cherche un train pour la fronti\u00e8re de Vilar Formoso. Quelques heures apr\u00e8s, je traverse la fronti\u00e8re \u00e0 pied et je me mets \u00e0 demander du stop. Cela s\u2019av\u00e8re difficile et il est d\u00e9j\u00e0 la nuit quand j\u2019arrive \u00e0 Valhadolid. J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 des gens s\u00a0ils pouvaient m\u2019h\u00e9berger pour une nuit. Et j\u2019ai obtenu un h\u00e9bergement.<\/p>\n<p>Je m\u2019affole du temps pris pour arriver \u00e0 Valhadolid. Malgr\u00e9 mes faibles disponibilit\u00e9s en argent, je prends un train pour San Sebastian, ville \u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de la France. L\u00e0 j\u2019ai cherch\u00e9 un auberge de la jeunesse et le lendemain j\u2019arrive \u00e0 la fronti\u00e8re fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>De nouvelles difficult\u00e9s de stop feront que je dormirais ce jour-l\u00e0 dans une \u00e9table derri\u00e8re un bar au bord de la route. Mais le lendemain le stop me permet d\u2019arriver \u00e0 Orl\u00e9ans, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de Paris, o\u00f9 je prends un auberge de la jeunesse.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 6 jours de voyage j\u2019\u00e9tais donc \u00e0 Paris, o\u00f9 je cherche un dortoir peu cher qui se trouvait pr\u00e8s de la FAO.<\/p>\n<p>Une fois arriv\u00e9 \u00e0 Paris j\u2019entame des recherches pour joindre le groupe des \u00ab\u00a0fugitifs\u00a0\u00bb. Un endroit me semblait proportionner des chances de me trouver face \u00e0 face avec l\u2019un d\u2019eux\u00a0: le carrefour du Bd. St. Michel avec la rue qui donne sur le Panth\u00e9on, lieu de rencontre de touristes.<\/p>\n<p>Et l\u00e0, un jour, en montant un escalier pour acc\u00e9der \u00e0 un self-service, j\u2019entends, derri\u00e8re, parler portugais. C\u2019\u00e9taient des membres de la CEI de Porto.<\/p>\n<p>Le but du voyage \u00e9tait atteint. Le surlendemain, j\u2019ai eu une rencontre avec Lima de Azevedo et je suis int\u00e9gr\u00e9 dans le groupe qui \u00e9tait h\u00e9berg\u00e9 dans le foyer de la CIMADE \u00e0 S\u00e8vres., dans la banlieue proche de Paris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A propos de la sortie de l\u2019ouvrage \u00ab\u00a0Op\u00e9ration Angola \u2013 Soixante \u00e9tudiants africains exfiltr\u00e9s du Portugal de Salazar\u00bb &#8211; une action secr\u00e8te de la Cimade en 1961\u00a0\u00bb *. 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