{"id":293,"date":"2013-10-03T14:59:35","date_gmt":"2013-10-03T13:59:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.memoria-viva.fr\/wordpress\/?p=293"},"modified":"2014-01-13T14:47:37","modified_gmt":"2014-01-13T13:47:37","slug":"colette-petonnet-on-est-tous-dans-le-brouillard-paris-c-t-h-s-2002","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/?p=293","title":{"rendered":"<!--:fr-->Colette P\u00e9tonnet \u2013 On est tous dans le brouillard, Paris, C.T.H.S., 2002<!--:-->"},"content":{"rendered":"<p><!--:fr--><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0Si la boue et les intemp\u00e9ries g\u00eanent l\u2019observation, en revanche la vision du bidonville l\u2019\u00e9t\u00e9 donne la cl\u00e9 d\u2019un mode d\u2019habiter encore rural dont la caract\u00e9ristique est d\u2019int\u00e9grer le dehors. Mais se h\u00e2ter de conclure \u00e0 un habitat rural serait une erreur. Comme le bidonville sans son ensemble d\u00e9livre les messages d\u2019un groupe, l\u2019habitation proprement dite est le langage individuel de gens plac\u00e9s dans une situation biculturelle, de gens soumis au changement. L\u2019habitation est l\u2019expression topique de d\u00e9sirs contradictoires et d\u2019un mode d\u2019\u00eatre en mutation, et, comme telle, aussi vari\u00e9e que les individus auxquels elle convient \u00e0 un moment donn\u00e9 de leur histoire.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Jos\u00e9, le fr\u00e8re de Jorge, relog\u00e9 par son employeur dans un de ces logis ouvriers construits apr\u00e8s la guerre en mat\u00e9riaux l\u00e9gers, nous pr\u00e9senta sa maison en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0Elle n\u2019est pas formidable, mais il y a beaucoup de terrain.\u00a0\u00bb Et derechef, avant d\u2019entrer, il nous fit visiter son jardin et les d\u00e9pendances qu\u2019il y avait construites.<a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Anne-Marie\/Downloads\/colettepetonnet.doc#_ftn1\">[1]<\/a><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Il r\u00e9sumait ainsi une conception de l\u2019habiter toute paysanne, celle qui, autrefois, \u00e0 cause de la pr\u00e9sence des b\u00eates et des grains, consacrait peu de place \u00e0 la maison r\u00e9serv\u00e9e au g\u00eete, la vie se passant aux champs, et qui dispersait \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, dehors ou sous un \u00ab\u00a0toit\u00a0\u00bb, une grande partie des activit\u00e9s domestiques.<a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Anne-Marie\/Downloads\/colettepetonnet.doc#_ftn2\">[2]<\/a> Les d\u00e9pendances contenant tout ce dont l\u2019homme avait besoin pour se nourrir et travailler, celui-ci \u00e9tait habitu\u00e9 \u00e0 passer continuellement du dedans au dehors, chaque fois qu\u2019il voulait du vin, du bois ou un outil.\u00a0\u00bb<\/em> (p. 91)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Observations\u00a0: <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet ouvrage est la r\u00e9\u00e9dition de la th\u00e8se d\u2019Etat de l\u2019ethnologue, dont une premi\u00e8re version tronqu\u00e9e parut en 1979. Le chapitre traitant des espaces (bidonvilles, cit\u00e9s et quartiers populaires), r\u00e9sum\u00e9 alors en une vingtaine de pages, ne fut repris dans son int\u00e9gralit\u00e9 que trois ans plus tard, en 1982. Ces deux publications distinctes de la m\u00eame \u0153uvre renvoient au contexte id\u00e9ologique et politique fran\u00e7ais entre 1970 et 1980, avec l\u2019\u00e9mergence des th\u00e9ories du nouvel urbanisme et la volont\u00e9 d\u2019\u00e9radication de l\u2019habitat insalubre. Les logements spontan\u00e9s, traces honteuses d\u2019un reste de pauvret\u00e9 qu\u2019on veut \u00e0 tout prix r\u00e9sorber, sont alors syst\u00e9matiquement d\u00e9truits. Or, Colette P\u00e9tonnet d\u00e9montre que les bidonvilles peuvent \u00eatre des lieux de vie dignes, dont la disparition, et le remplacement par un habitat normalis\u00e9, constituent pour leurs r\u00e9sidents une violence et une ali\u00e9nation et renforcent encore davantage les processus de paup\u00e9risation et de marginalisation.<b><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0R\u00e9dig\u00e9 dans un style tr\u00e8s direct et d\u2019une lecture particuli\u00e8rement attachante, ce livre rompt avec les mod\u00e8les traditionnels de la sociologie ou plut\u00f4t, sans les ignorer, il les habille de faits cueillis au ras de la r\u00e9alit\u00e9 la plus concr\u00e8te. On est frapp\u00e9 par la profonde compr\u00e9hension humaine dont Colette P\u00e9tonnet fait preuve et par la qualit\u00e9 de sa connaissance intime du milieu dans lequel, plusieurs ann\u00e9es durant, elle a \u00e9labor\u00e9 son ouvrage. [\u2026] L\u2019\u00e9tat d\u2019ali\u00e9nation mat\u00e9rielle dans lequel sont tenus les habitants des cit\u00e9s de transit vis-\u00e0-vis des autorit\u00e9s administratives dispensatrices des diff\u00e9rents types de logement a conduit Colette P\u00e9tonnet \u00e0 d\u00e9gager les qualit\u00e9s humaines de l\u2019habitat en bidonville, ce qui laisse le lecteur un peu perplexe. Pourtant, sur un point important, l\u2019auteur a raison\u00a0: la libre construction de son habitation, son extension \u00e9ventuelle, les contacts privil\u00e9gi\u00e9s avec les membres du groupe dont les liens de parent\u00e9 ou d\u2019amiti\u00e9 sont l\u2019essentiel font \u00e0 l\u2019immigrant un environnement humain positif, qui l\u2019oriente vers des formules de vie vivables.\u00a0\u00bb (pr\u00e9face d\u2019Andr\u00e9 Leroi-Gourhan, p\u00a0.15-16)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A lire \u00e9galement l\u2019interview de Colette P\u00e9tonnet par Thierry Paquot, r\u00e9alis\u00e9e il y a dix ans (1995)\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.univ-paris12.fr\/iup\/8\/urbanism\/881\/petonnet.htm\">www.univ-paris12.fr\/iup\/8\/urbanism\/881\/petonnet.htm<\/a>.<\/p>\n<div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div style=\"text-align: justify;\">\n<p><a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Anne-Marie\/Downloads\/colettepetonnet.doc#_ftnref1\">[1]<\/a> Le potager<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Anne-Marie\/Downloads\/colettepetonnet.doc#_ftnref2\">[2]<\/a> La fermi\u00e8re, par exemple, lavait le linge dans le \u201ctoit\u201d o\u00f9 l\u2019on cuisinait la p\u00e2t\u00e9e des cochons. Elle plumait un poulet sous le hangar.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><!--:--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Si la boue et les intemp\u00e9ries g\u00eanent l\u2019observation, en revanche la vision du bidonville l\u2019\u00e9t\u00e9 donne la cl\u00e9 d\u2019un mode d\u2019habiter encore rural dont la caract\u00e9ristique est d\u2019int\u00e9grer le dehors. Mais se h\u00e2ter de conclure \u00e0 un habitat rural serait une erreur. Comme le bidonville sans son ensemble d\u00e9livre les messages d\u2019un groupe, l\u2019habitation proprement &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/?p=293\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;<!--:fr-->Colette P\u00e9tonnet \u2013 On est tous dans le brouillard, Paris, C.T.H.S., 2002<!--:-->&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":389,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[17,42],"tags":[86,43,45],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/293"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=293"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/293\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/389"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=293"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=293"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.memoria-viva.fr\/mv2-archives\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=293"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}