Portrait d’un émigré – Miguel PadeiroPortrait d’un émigré – Miguel Padeiro

Tu sais, ses mains sont sales, elles bougent peu mais t’assènent d’elles-mêmes des histoires bruyantes et évasives, trop mais pas assez, toujours trop mais pas assez. Elles l’ont trahi plusieurs fois, m’ont tenu, secoué, caressé, battu aussi. Elles portaient cette valise qui se dérobe soudain au-dessus du rio Tâmega, et désormais restent seules, se réfugient …

Maria Vitorino Pilré, 45 ans en 1970 lorsqu’elle émigra en France – Maria Vitorino PilréMaria Vitorino Pilré, 45 anos em 1970, quando emigrou para França – Maria Vitorino Pilré

[…] Quand je suis arrivée à Paris, je suis allée vivre chez ma nièce Maria Gertrudes. Mais ce n’est qu’un mois plus tard  qu’elle m’a accompagné  pour trouver du travail. Mais dès qu’elle est allée au bureau, on m’a proposé du travail pour le lendemain. J’ai donc commencé à travailler mais  je ne parlais pas …

Je suis concierge, tu es concierge, il est concierge…. – Maria Vitorino Pilré Eu sou porteira, tu és porteira, ele é porteiro… – Maria Vitorino Pilré

J’étais concierge depuis cinq ans quand j’ai rencontré quelqu’un de mon village qui cherchait une place de concierge pour sa femme. J’ai fait ce que j’ai pu pour lui. Je l’ai accompagné partout où il fallait. J’ai fait en sorte qu’il vienne s’installer à Paris car il habitait un petit village où il n’y avait …

Il est assis devant une cabane et me sourit – Maria do Céu CunhaIl est assis devant une cabane et me sourit – Maria do Céu Cunha

J’avais huit ans en 1962 lorsque j’ai vu pour la première fois le pays qui allait devenir le mien : la France m’arriva sous la forme d’une photo couleur, c’était la première en vérité. La couleur transfigurait la misère, jusqu’à l’effacer. Cette photo ne pouvait se comparer avec celles de Monsieur Martins, le photographe du village qui ajoutait du …

Dès mon arrivée à l’usine – Manuel MadeiraDès mon arrivée à l’usine – Manuel Madeira

Dès mon arrivée à l’usine, j’ai sombré dans un naufrage collectif. Je me suis noyé dans l’alcool ! Cette drogue douce est une arme redoutable pour anéantir à petit feu la sève de la vie qui à l’intérieur de chacun de nous alimente la fleur fragile de notre personnalité.   Mais par ailleurs, le vin …

Le bruit intense des machines – Manuel MadeiraLe bruit intense des machines – Manuel Madeira

Le bruit intense des machines rendait difficile notre communication orale et il était devenu naturel que dans l’usine les gestes remplacent la parole. Parfois j’avais la vive impression d’être tombé dans un univers de sourds­-muets.   Marcel, avait aussi compris que j’étais étranger et que je ne parlais pas sa langue. Pourtant il mani­festait une …

Quand j’ai débarqué dans l’atelier – Manuel MadeiraQuand j’ai débarqué dans l’atelier – Manuel Madeira

  Quand j’ai débarqué dans l’atelier, j’ai fait la connais­sance de Marcel. Il travaillait sur une machine à proximité de celle qui me fut attribuée. Il m’observa durant une semaine avant de s’adresser à moi. Il commença par me faire des signes simples avec des gestes précis. Commue, par exemple, les doigts de la main …

Souvenirs d’en France (préface) – Glória da SilvaRecordações de França (Prefácio) – Glória da Silva

Que nous reste-t-il de nos premières années vécues en France ? De ces années riches en événements où l’on emménage  dans une nouvelle vie ?* La famille se réduit brusquement à un face à face parents enfants et on ne pleure pas les grands-parents qui meurent au loin. On sèche les larmes du « grand garçon », scolarisé dans …